Manifeste de la démocratie (proposé par Hervé Mounier)

Accueil Forums Démocratie Manifeste de la démocratie (proposé par Hervé Mounier)

Mots-clés : 

Ce sujet a 9 réponses, 4 participants et a été mis à jour par  MOUNIER, il y a 8 mois et 3 semaines.

10 sujets de 1 à 10 (sur un total de 10)
  • Auteur
    Messages
  • #1282

    MOUNIER
    Modérateur

    MANIFESTE de la DEMOCRATIE

    Proposé par Hervé Mounier

    PREAMBULE

    1) Le but du « Manifeste de la Démocratie » est : 1) de pouvoir s’appliquer à n’importe quel type de société : association, institution politique, Etat, et à n’importe quel échelon, du local au mondial. 2) de pouvoir vérifier si les règles de fonctionnement de ces structures sont en conformité avec les Articles du Manifeste. En d’autres termes, s’il peut leur être attribué le label « démocratique ».

    2) Définition de la démocratie : organisation politique qui donne au peuple les moyens d’élaborer et de réaliser sa volonté.

    3) Le terme démocratie, qualifiée de représentative, libérale, occidentale, moderne, etc…, forme des expressions qui, en réalité, sont autant de variantes de la république. En conséquence et par souci de clarté, seul le terme de « République » sera utilisé pour les désigner. Celui de « Démocratie » étant réservé à une organisation politique qui satisfait à la définition du deuxième alinéa de ce préambule et, par conséquent, respecte les sept articles ci-dessous.

    Nota bene : l’astérisque placé à la fin d’un mot renvoie à sa définition ou remarque(s) en fin du présent manifeste.

    VALEURS et PRINCIPES

    Article 1 :

    La démocratie a comme valeur l’entente par le dialogue et rejette tout rapport de force* quel qu’il soit.

    Article 2 :

    Tout individu a la possibilité de participer directement, à égalité de parole et en toute connaissance, à l’élaboration de la volonté commune.

    Article 3 :

    Tout individu ou groupe d’individus dont les intérêts seraient affectés ou pourraient être affectés par les décisions de la volonté commune, sont en droit d’être entendus et pris en considération.

    Article 4 :

    La sélection* des personnes, chargées de délibérer et de décider, se fait aléatoirement à partir d’une population de base clairement définie, représentant la diversité des mentalités* et n’ayant pas un intérêt direct avec le sujet traité (principe de neutralité).

    Article 5 :

    L’impartialité et la transparence des procédures, mises en oeuvre pour la sélection des citoyens, la délibération et la prise de décision, doivent être garanties.

    Article 6 :

    Afin que la délibération aille jusqu’à son terme, la prise de décision est le résultat d’un consensus* avec exposé des dissensus éventuels.

    Article 7 :

    Pour éviter que des décisions démocratiques ne soient que de simples opérations de légitimation de décisions déjà prises, il est nécessaire que les conditions de bon fonctionnement soient réunis. C’est pourquoi tous les articles précités seront observés scrupuleusement.

    La Conférence de Citoyens est un exemple de procédure démocratique respectant les sept articles ci-dessus.

    DEFINITIONS :

    1) Rapport de force :

    Un rapport de force est une relation de conflit entre plusieurs parties qui opposent leurs pouvoirs, ou en un sens plus littéral leur forces, que cette force soit physique, psychique, économique, politique, religieuse, militaire…
    Si les parties impliquées dans le rapport de forces ont un pouvoir inégal, on distingue la partie dominante et la partie dominée : s’applique alors la loi du plus fort, autrement dit l’arbitraire du pouvoir. On nomme généralement violence, en un sens physique ou moral ou social (voire écologique), l’usage d’un tel pouvoir.
    Il est à noté qu’en situation de rapport de force c’est le plus fort qui gagne. C’est typiquement le pot de fer contre le pot de terre. Si par hasard un mouvement de protestation parvient à faire reculer une loi qui lui paraît désavantageuse, sa victoire ne sera que temporaire car, ce sera un jeu d’enfant pour le pouvoir en place de la réintroduire en la fractionnant dans d’autres lois.
    En république la délibération est remplacée par le compromis qui est le résultat d’un marchandage dans le meilleur des cas, ou celui du plus fort dans le pire, contrairement au fonctionnement de la démocratie laquelle offre un cadre qui a pour finalité de trouver des solutions par le dialogue et, où tous les protagonistes sont à égalité. En d’autres termes : tout le contraire du compromis dans lequel chacun défend bec et ongle les intérêts de son groupe au détriment des autres.

    2) Sélection aléatoire : Le tirage au sort

    Le tirage au sort est une procédure démocratique de sélection des personnes qui évite toute forme de distorsion sélective. Toutes les couches sociales et tous les groupes d’âge et de genre y sont représentés. Ainsi se forme une image en miniature de la société.
    La force de cette procédure aléatoire est de s’appuyer sur une diversité des mentalités*, contrairement à la république qui, elle, s’appuie sur le vote* lequel est facilement manipulable.

    3) Consensus :

    Durant la délibération sont soumises au débat les idées, les opinions et les objections. Ce n’est que lorsque plus personne ne propose d’idée, d’opinion et d’objection que la délibération est terminée. Dit autrement, c’est lorsque les participants pensent avoir suffisamment approfondi le problème et lui avoir trouvé une solution globale convenant à tous les intéressés que cessent les questions et objections.
    Si toutefois subsiste un point de désaccord malgré sa prise en considération par les autres membre de l’Instance de décision, ce désaccord n’empêchera pas que la délibération prenne fin, mais le désaccord sera consigné dans l’exposé de la solution globale, afin que le principe de transparence soit respecté. Cette particularité permettra à quiconque de juger du degré d’importance ou d’insignifiance du désaccord.

    4) Mentalité :

    Ensembles des habitudes d’esprit et des croyances qui informent et commandent la pensée d’une collectivité et qui sont communes à chaque membre de cette collectivité.
    Pourquoi une sélection sur la diversité des mentalités ?
    Parce qu’en fonction de nos habitudes d’agir, notre manière de voir et de résoudre les problèmes est différente des autres personnes. Parce que la diversité des esprits et des croyances favorisent la diversité des approches et des solutions. Parce que, de ces diversités, émergera une solution finale, convenant à toutes les mentalités, puisque toutes y ont participé à égalité.

    REMARQUE :

    Le vote :

    Le vote, facilement manipulable, n’est pas démocratique. Sa pratique, fortement ancrée dans les usages, et sujette à de nombreux préjugés, demande à être éclaircie.

    Concernant la sélection des représentants :

    1) Le vote ne respecte pas le principe d’égalité des personnes. Il est réputé être élitiste car il favorise les candidats socialement élevés et financièrement aisés. Par ailleurs, les candidats charismatiques ont un net avantage sur le citoyen lambda.

    2) Les circonscriptions électorales sont décidées par le pouvoir en place qui se trouve, ipso facto, en position de juge et partie.

    3) Le vote, c’est renoncé de prendre en main son propre destin, en donnant, à un quelqu’un qui ne vous connait pas, le pouvoir de choisir votre vie à votre place.

    Concernant les débats :

    4) Un vote, destiné à clore un débat, est souvent arbitraire puisque décidé en fonction du temps passé et non suite à l’expression et l’échange plein et entier de tous les participants.

    5) Rien n’indique quand un vote doit intervenir. Cette carence est à l’origine du caractère arbitraire des décisions.

    6) Suite à un vote, ne sont pas mentionnés les désaccords qui subsistent ainsi que leurs motifs.

    7) La procédure du vote bloqué permet de faire passer dans un seul vote plusieurs options lesquelles n’auraient pas été acceptées lors d’un vote séparé.

    8) Le vote référendaire est particulièrement pervers car il oblige à répondre de façon binaire (par oui ou non) à une question imposée au peuple, sans que ce dernier ait eu les moyens de la discuter et de s’informer sur les conséquences de son choix.

    9) Le Référendum d’Initiative Citoyenne n’est pas démocratique puisque, même si la question posée émane du peuple, la délibération et la décision ne lui appartiennent pas.

    FIN du manifeste

    • Ce sujet a été modifié le il y a 9 mois et 2 semaines par  MOUNIER.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 9 mois et 1 semaine par  MOUNIER.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 9 mois et 1 semaine par  MOUNIER.
    #1299

    Sika
    Participant

    Bonjour,

    Si je comprends bien, pas de décision si pas de consensus. Quel que soit les proportions de personnes en accord ou non.
    Avance-t-on dans ces conditions ?

    Sika

    #1300

    MOUNIER
    Modérateur

    Bonjour Sika,
    Pourquoi n’y aurait-il pas consensus ? Puisque le consensus est réalisé lorsqu’il n’y a plus d’objection à la solution construite au cours de la délibération.
    Durant la délibération les personnes qui sont en désaccord (par exemple : parce qu’elles souhaitent apporter une modification au texte en cours d’élaboration) exposent leur désaccord en l’argumentant, ce qui permet de leur répondre en prenant en compte les nouveaux éléments présentés dans l’argumentation. Et ainsi de suite…
    Le vote, au contraire, est imposé, le plus souvent, sans que tous les participants aient pu s’exprimer sous des prétextes divers et variés, tous plus ou moins fallacieux comme la durée d’une séance ou parce qu’on profite de l’absence de personnes dont on se doute qu’ils ne seront pas de notre avis, etc…
    Il est certain que mener un débat en vue d’un consensus, ça change beaucoup du vote lequel laisse rarement le temps de s’exprimer et encore moins d’échanger et, qui plus est, d’argumenter.
    Le consensus, lui, permet de créer les meilleurs conditions d’échange, d’expression des idées, d’écoute et d’ouverture à la diversité des points de vue.
    Hervé Mounier

    #1301

    apoutsiak
    Participant

    Bonjour à tous, je tenais à te remercier Hervé, pour cette intéressante contribution sur la démocratie et ses diverses manières de la rendre effective, en particulier les réflexions sur le vote, tout cela donne à réfléchir et remet en question bien des convictions qu’on nous a enfoncées dans le crâne. Je reviendrai en parler quand j’aurai plus de disponibilité.

    #1308

    Marc Lebas
    Admin bbPress

    Merci Hervé pour cette contribution que je trouve tout à fait intéressante.

    1) Ma première remarque porte sur le titre « Manifeste de la démocratie », qui laisse entendre qu’il s’agirait d’une définition universelle de la démocratie. Or, je pense que ce texte est plutôt une pierre à la définition d’une forme de démocratie. C’est pourquoi je proposerais un titre de portée plus modeste, comme par exemple « charte de fonctionnement du CID », sachant qu’il faudra probablement définir d’autres règles ou articles.

    2) Le tirage au sort ne me semble pas indiqué pour une organisation de petite taille comme notre collectif. Cette observation va d’ailleurs dans le sens du point précédent.

    3) La méthode proposée a pour objectif de dégager un consensus sur un texte, ce qui sous entend une décision, mais que se passe-t-il s’il n’y a pas de majorité claire ?

    4) Pour moi, la notion de vote ne doit pas être écartée, dès lors qu’il y a eu débat préalable. La méthode exposée ne pourrait-elle pas s’appliquer à un débat suivi d’un vote ?

    5) Comment faire entrer la notion de temps limité dans un débat ?

    #1309

    MOUNIER
    Modérateur

    Bonjour Marc.
    Tu dis : Ma première remarque porte sur le titre “Manifeste de la démocratie”, qui laisse entendre qu’il s’agirait d’une définition universelle de la démocratie. Or, je pense que ce texte est plutôt une pierre à la définition d’une forme de démocratie. C’est pourquoi je proposerais un titre de portée plus modeste, comme par exemple “charte de fonctionnement du CID”, sachant qu’il faudra probablement définir d’autres règles ou articles.

    réponse : Ta première remarque comporte deux sujets : 1) l’universalisme du manifeste, et 2) La charte de fonctionnement du CID.
    1) Pour ce qui est de l’universalisme supposé de mon Manifeste. Je serais très heureux si on pouvait le qualifier d’universel et, peut être, l’est-il ? Mais on ne pourra l’affirmer que lorsqu’on aura posé la question à tous les peuples de la planète. En attendant il se situe dans le contexte de la culture occidentale et c’est bien suffisant pour résoudre nos préoccupations citoyennes.
    2) En ce qui concerne la « charte de fonctionnement du CID ». C’est l’objet de mon texte : « Procédure pour prendre des décisions démocratiques au sein du CID », que j’ai mis sur le site. Si je n’ai pas utilisé le mot « charte » c’est volontairement car, mon texte n’est pas exhaustif au point de se considérer comme la totalité d’une future charte. Je ne me suis occupé que de l’aspect prise de décision.

    Enfin, évite, comme je te l’ai fait remarquer lors d’anciens échanges, d’utiliser des mots à contenu moral : au lieu de dire « de porté plus modeste » il est préférable d’opter pour « plus ciblé ». Cela éviterait de me faire passer pour un individu qui ne serait pas modeste.

    Marc, remarque 2 : Le tirage au sort ne me semble pas indiqué pour une organisation de petite taille comme notre collectif. Cette observation va d’ailleurs dans le sens du point précédent.
    Réponse : Dans mon texte sur la « Procédure pour prendre des décisions démocratique au sein du CID », Je ne parle pas de tirage au sort. A quel texte fais-tu allusion ?

    Marc, remarque 3 : La méthode proposée a pour objectif de dégager un consensus sur un texte, ce qui sous entend une décision, mais que se passe-t-il s’il n’y a pas de majorité claire ?

    Réponse : La réponse est dans la définition 3 du Manifeste, intitulé : « Consensus ». Dans un consensus on ne compte pas. le but n’est pas une confrontation d’individus ni de rallier le maximum de suffrage quelque soit la solution. Le consensus n’est pas un vote, qui, lui, est quantitatif. Le consensus est qualitatif, son but est de trouver la meilleure solution et non de rallier le plus d’individus à sa cause. Dans ce contexte la majorité n’a pas de sens. Quel sens peut avoir une prise de décision à 51 voix contre 49 pour continuer le nucléaire ou, pire, pour déclarer une guerre ?

    Le consensus, c’est donc lorsqu’il n’y aura plus de question et d’objection au texte en formation que ce texte sera réputé être adopté, être la solution du problème posé. En d’autres termes, ce que l’on appel décision c’est la version définitive du texte comportant la (ou les) solution(s) à laquelle il n’y a plus d’objection. L’avantage, par rapport au vote, c’est que la discussion a été menée jusqu’à son terme. Tout en tenant compte des motifs de ceux qui ne sont pas d’accord (dissensus). Le vote, lui, se moque des raisons des 49 contre.

    Marc, remarque 4 : Pour moi, la notion de vote ne doit pas être écartée, dès lors qu’il y a eu débat préalable. La méthode exposée ne pourrait-elle pas s’appliquer à un débat suivi d’un vote ?

    Réponse : D’abord, qu’est-ce qu’un débat préalable ?
    Malgré l’imprécision de l’énoncé je vais tenter une réponse. Le vote est manipulable comme je l’explique dans les remarques du Manifeste. Pas le consensus qui aboutit de lui-même, lorsque plus personne n’a de remarque ou d’objection à formuler (voir mes explications plus bas). Le vote conduit à des décisions prises dans l’urgence et sans règle déterminant la fin des débats. Conséquences : les décisions sont prises en l’absence d’informations et l’insuffisance de réflexion. Bref, les décisions sont bâclées et inadaptées. D’où, en fait, une perte de temps, d’argent, lesquels génèrent du mécontentement. Et, il faudra, de toute façon y revenir. Voir, comme exemple, le gâchis de Notre Dame des Landes : 40 ans pour prendre la décision de tout arrêter sans réelle solution de remplacement. Et ce n’est pas un cas isolé : plus de 30 ans pour abandonner le projet de l’A45. Ceci nous conduit directement à ta remarque 5.

    Marc, remarque 5 : Comment faire entrer la notion de temps limité dans un débat ?

    Réponse : Il n’y a pas à imposer une limite de temps dans un débat. Un débat doit être organisé. Il peut se passer sur plusieurs séances qui, elles-mêmes par contre, peuvent être limitées, mais pas le débat lui-même. Il existe des méthodes pour débattre efficacement. C’est pour cela que, dans la Conférence de Citoyens, un animateur professionnel a pour mission de 1) diriger les discussions des membres de l’Instance citoyenne ; 2) faciliter la délibération en créant les meilleurs conditions d’échange, d’expression des idées, d’écoute et d’ouverture à la diversité des points de vue ; 3) aider les membres de l’Instance à synthétiser les discussions et présenter des solutions.

    Les délibérations paraissent longues lorsque les participants font obstructions, ce qui est fréquent dans les débats des élus du système politique actuel ou lorsque les participants sont novices et ne savent pas analyser et synthétiser et, qui plus est, ne savent pas rester dans le sujet traité. Donc, le problème n’est pas de faire entrer « la notion de temps limité » mais de débat organisé. C’est toute la différence entre les bidouilleurs et le professionnalisme, tel qu’il existe dans les entreprises performantes : lorsque l’on n’arrive pas à trouver la solution dans le temps de la séance, on cherche ce qui coince (manque d’information le plus souvent), puis chacun est chargé de revenir à la prochaine séance avec ce qui lui a été demandé. En résumé : on ne prend pas une décision en sachant qu’il nous manque délibérément des informations ou/et que la réflexion n’a pas été suffisante. Casser la réflexion par un vote n’est pas une solution ni un gain de temps. Pourtant les opposants au consensus ne cessent de nous jeter à la figure cette argument spécieux du temps.
    Hervé

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 8 mois et 4 semaines par  MOUNIER.
    #1311

    Marc Lebas
    Admin bbPress

    Bonjour Hervé,

    Merci pour ta réponse, mais je pense que mes désaccords ou interrogations subsistent. Je précise cependant deux points qui me semblent avoir été mal compris.

    ma remarque 2) concerne le texte nommé Manifeste pour la démocratie et nul autre texte. J’entends bien qu’il y a un autre texte qui prévoit une dérogation sur le tirage au sort, ce qui va précisemment dans le sens de ma remarque

    Sur le vote : si une décision est nécessaire à l’issue du débat et que le consensus l’emporte clairement sur le dissensus, on peut ne pas avoir à voter pour décider, mais dans le cas contraire ? En fait, c’est une question sur le processus de décision qui rejoint la question sur la limitation dans le temps d’un débat. Je pense qu’il faut admettre cette contrainte de temps, et les imperfections qui peuvent en découler; elle peut faire partie du « dissenssus » de manière à permettre une reprise de débat ultérieurement.

    #1312

    MOUNIER
    Modérateur

    Marc Lebas a écrit le 26/01/19

    Bonjour Hervé,
    Merci pour ta réponse, mais je pense que mes désaccords ou interrogations subsistent. Je précise cependant deux points qui me semblent avoir été mal compris.
    ma remarque 2) concerne le texte nommé Manifeste pour la démocratie et nul autre texte. J’entends bien qu’il y a un autre texte qui prévoit une dérogation sur le tirage au sort, ce qui va précisemment dans le sens de ma remarque
    Sur le vote : si une décision est nécessaire à l’issue du débat et que le consensus l’emporte clairement sur le dissensus, on peut ne pas avoir à voter pour décider, mais dans le cas contraire ? En fait, c’est une question sur le processus de décision qui rejoint la question sur la limitation dans le temps d’un débat. Je pense qu’il faut admettre cette contrainte de temps, et les imperfections qui peuvent en découler; elle peut faire partie du « dissenssus » de manière à permettre une reprise de débat ultérieurement.

    Réponse d’Hervé le 28/01/19
    Bonjour Marc,

    Marc : Sur le vote : si une décision est nécessaire à l’issue du débat et que le consensus l’emporte clairement sur le dissensus, on peut ne pas avoir à voter pour décider, mais dans le cas contraire ?

    Hervé : Il n’y a pas de « cas contraire ». Nous ne sommes pas dans le quantitatif du vote où c’est le nombre qui compte sans que l’on sache pour quelles raisons les contre ont voté contre. Je me suis expliqué longuement à ce sujet dans ma réponse à ton dernier courrier, à ta remarque n°3. Je me répète : dans un consensus on va jusqu’au bout de la délibération. Tant qu’il y a des questions, des propositions ou des objections, la délibération se poursuit. Si l’heure de fin de séance du jour est atteinte, on poursuit sur la séance suivante. Mais on ne stoppe pas une délibération en plein milieu arbitrairement parce que c’est la volonté du président de séance. On n’est pas dans le rapport de force où ce n’est pas l’intelligence collective qui compte, mais la ruse, la mauvaise foi, les attaques ad hominem, les interruptions de parole, les affirmations gratuites etc. Il est sûr que dans une assemblée où domine l’intérêt et l’ambition personnelle, seul le vote constitue une porte de sortie.

    Le vote est utilisé par les politiciens actuels parce que la priorité n’est pas de trouver des solutions communes qui prennent en considération tous les citoyens impactés. Mais, de favoriser certaines catégories de la société au détriment d’autres. Relie ma réponse à ta 3ème remarque : tout y est.

    Marc : « Je pense qu’il faut admettre cette contrainte de temps, et les imperfections qui peuvent en découler; »

    Hervé : Ma réponse, à ta remarque 5 de ton précédent courrier, répond déjà à ta présente opinion. En gros je t’expliquais que c’étais un problème d’organisation. (Voir ma réponse dans le courrier précédent). Franchement je me demande si tu lis mes réponses.

    Une remarque, tout de même : quand tu présentes une opinion il est indispensable que tu argumentes ta position. Qu’est-ce qu’il faut admettre et pourquoi ? De qu’elle contrainte de temps s’agit-il ? Et quelle est son importance ? De quelles imperfections parlons-nous ?

    C’est facile de dire je ne suis pas d’accord, mais si on ne dit pas pourquoi, il n’y a plus de discussion possible. Qui plus est, il est normal qu’il y ait des malentendus si l’énoncé est imprécis.

    Désolé, mais accepter la discussion demande de respecter des règles qui, si elles n’existaient pas, ramènerait la discussion à des brèves de comptoir.

    Sans rancune, Hervé.

    #1313

    Marc Lebas
    Admin bbPress

    Bonjour Hervé,

    Ta première réponse ne m’a malheureusement pas éclairé, et la seconde me semble une redite de la première. Par conséquent je vais en rester là pour le moment, dans l’attente d’autres avis ou questions.

    #1314

    MOUNIER
    Modérateur

    Bonjour Marc. Pour conclure

    Dommage que notre échange se termine en queue de poisson.

    Pour ma part j’ai exposé pleinement mes convictions avec des arguments détaillés afin que, quiconque propose une autre solution puisse, dans la foulée, critiquer ce qui, dans mon système, lui paraît défaillant (illogique, contradictoire, éloigné de la réalité). C’est comme cela que l’on peut échanger et s’améliorer.

    Mais cela ne peut se faire que si, premièrement, on dévoile ses intentions. En exposant clairement les raisons qui nous ont conduit à ces intentions. Par exemple : convaincre JLM à appliquer la démocratie pour la désignation des candidats à une élection ; promouvoir un fonctionnement démocratique au sein de LFI ; promouvoir un fonctionnement démocratique au niveau de la société française ; etc. Et, deuxièmement, il faut être suffisamment précis dans son texte afin que l’on sache exactement de quoi l’on parle et à quoi on fait allusion. Sinon, la discussion dérape dans les malentendus, les incompréhensions et finit dans des généralités qui sont l’expression d’émotions ou de sentiments, lesquels hypothèquent toute solution sérieuse.

    Je ne sais toujours pas pourquoi, en vue de quel objectif, de quelles valeurs et pour quelles raisons, tu t’es engagé dans la discussion. La seule chose pour laquelle tu t’es positionné c’est ta conviction que la votation est indispensable. Mais, sans donner aucun argument. Autrement dit, sans exposer les raisons qui te font préférer le vote. Je ne peux qu’en déduire que ce sont des raisons affectives qui te poussent à cette conviction (le poids de la tradition ; un préjugé ; l’angoisse d’une pratique qui peut paraître, dans un premier temps, compliquée mais qui, en réalité, n’est que complexe ; etc…).

    Pour ma part, mes intentions sont de propager, dans toutes les directions, que seule une pratique démocratique permettra aux individus, aux peuples et à l’humanité de prendre son destin en main. Contrairement au passé où les moyens d’asservir les individus et de détruire la planète étaient limités, aujourd’hui, la conjonction de trois facteurs suffit à faire basculer l’humanité : 1) la psychologie positive (rendre l’individu responsable de tout ce qui lui arrive – voir : HAPPYCRATIE de Cabanas et Illouz-) ; 2) les algorithmes et le big data sur lequel ils s’appuient (manipulation du vote par influence individuelle perverse sur l’électeur – voir : ALGORITHMES de Cathy O’Neil-) ; et, enfin, 3) la progression de l’individualisme dont l’isoloir est le symbole (ce n’est pas en isolant les citoyens qu’ils trouveront des solutions communes). La conjonction de ces trois facteurs font que les sociétés sont pieds et points liés face aux élites économico-politiques qui, elles, ne pensent qu’à elles : au point, comme le fondateur d’Amazon, de construire une fusée pour fuir la Terre devenu invivable (L’idéologie « survivaliste »).

    Donc, pour moi, « L’urgence démocratique » ce n’est pas « La 6ème République » qui laissera le citoyen dans son isoloir, c’est la mise en application du Manifeste de la démocratie, de la commune à l’ONU, en passant par LFI. Pour ce qui est du CID faites comme vous voulez, bien que je pense le consensus possible, même à ce petit niveau.

    La démocratie c’est comme la marche, ça s’apprend en pratiquant.
    Hervé

10 sujets de 1 à 10 (sur un total de 10)

Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.